Un couple consulte parce que le désir a disparu du côté de l’un des deux, sans raison médicale identifiée, sans conflit apparent, sans qu’aucun événement récent ne l’explique. La question qui revient le plus souvent dans ce type de situation n’est pas « qu’est-ce qui ne va pas chez moi », mais plutôt : pourquoi maintenant, pourquoi avec cette personne-là, pourquoi ce blocage précis et pas un autre.
La sexualité semble ce qu’il y a de plus personnel. Et pourtant, elle porte souvent des éléments qui ne se sont pas construits dans la relation actuelle : une honte transmise sans mot, un rôle figé sur ce qu’un homme ou une femme « doit » être, une injonction héritée d’un contexte religieux ou familial strict, un événement tu. Rien de tout cela ne se voit directement — cela se traduit par une gêne, un retrait, une difficulté qui semble n’appartenir qu’au couple présent.
Une lecture systémique possible
En constellation, la sexualité ne se met jamais en scène de façon explicite ou intime : on représente un blocage, une tension, une distance — pas des gestes. Il ne s’agit pas d’exposer sa vie privée, mais de donner une forme visible à ce qui agit en silence.
Il arrive que le blocage se lise comme une coupure avec un lien plus ancien — le droit au plaisir refusé à une mère ou une grand-mère, un ancêtre jugé ou exclu pour sa sexualité, un secret jamais nommé (agression, grossesse cachée, union interdite). Ce n’est jamais une certitude qui se pose d’avance : c’est une hypothèse qui se vérifie, ou non, en séance, avec la personne elle-même.
Un exemple, en séance
Une femme de trente-cinq ans consulte pour une perte de désir qui dure depuis la naissance de son deuxième enfant, sans lien avec sa vie de couple qu’elle décrit comme apaisée. En reconstituant son histoire familiale, elle évoque une grand-mère mariée très jeune dans un contexte où elle n’avait pas eu son mot à dire, et dont on disait, sans jamais en parler davantage, qu’elle « n’avait pas eu de chance en amour ».
Rien ne prouve un lien direct entre les deux histoires. Mais représenter cette grand-mère dans l’espace, et voir la distance qui se crée spontanément entre elle et la question du plaisir, permet à la consultante de nommer quelque chose qu’elle n’avait jamais formulé : la sensation diffuse de ne pas avoir « le droit » d’aller mieux qu’elle sur ce terrain-là. Nommer cette loyauté invisible ne résout pas tout d’un coup, mais cela déplace la question — elle cesse de chercher le problème uniquement dans son couple actuel.
Quelques propositions pour grandir
- Nommer le blocage sans le juger — le décrire avec précision (quand, avec qui, dans quelles circonstances) plutôt que de le ranger sous une étiquette générale comme « je suis coincé·e ».
- Distinguer ce qui vient du couple actuel de ce qui pourrait venir d’ailleurs — une gêne qui existait déjà avant cette relation mérite d’être regardée séparément.
- Repérer les phrases familiales entendues sur le sujet (« ça ne se fait pas », « les femmes de la famille n’ont jamais eu de chance »…) : elles donnent souvent une première piste.
- En parler à deux, en dehors du lit — un moment neutre, sans enjeu immédiat, change souvent la nature de l’échange.
- Consulter un professionnel de santé en parallèle si une cause physiologique n’a pas encore été écartée.
Ce sujet touche à quelque chose de très personnel : une séance individuelle permet souvent d’aborder ce qui bloque sans avoir à en parler d’abord devant son ou sa partenaire. Une constellation en groupe reste une option, en particulier si l’exploration de l’histoire familiale prend le pas sur le vécu du couple lui-même.
Et si on en parlait ?
Ces articles décrivent ce que j’observe en séance. Si quelque chose ici vous parle, une constellation individuelle dure 1h, coûte 80 €, à Saint-Nazaire ou en visio.
Avant de réserver, vous pouvez lire le cadre dans lequel je travaille — ce que je propose, ce que je ne propose pas, et dans quels cas je préfère ne pas travailler avec vous.

