Vous rendez service à un collègue pour la troisième fois du mois. Il ne vous remercie pas, ne le remarque même pas. Une petite voix dit d’arrêter là. Une autre demande pourquoi vous continueriez à donner quelque chose qui ne semble jamais compté.
Ou bien : vous dites une vérité inconfortable à quelqu’un, en sachant que vous auriez pu vous taire sans que personne ne vous le reproche. Ce genre de choix, en apparence minuscule, revient très souvent en séance — sous la question : est-ce que ça vaut le coup de continuer à être quelqu’un de bien quand ça ne rapporte rien ?
Un choix, pas un réflexe
Il arrive que la générosité ou la franchise ne soient pas un choix libre, mais une position héritée : dans certaines familles, on apprend tôt qu’il faut donner pour avoir sa place, ou que dire la vérité coûte plus cher que de se taire. Ce n’est jamais une règle qui s’applique à tout le monde de la même façon — mais quand donner sans recevoir devient systématique, au point de s’épuiser, la question mérite d’être posée : est-ce un choix, ou une consigne ancienne qu’on continue d’exécuter sans plus se demander pourquoi ?
À l’inverse, continuer à donner ou à dire la vérité en toute lucidité, en sachant que ce n’est pas toujours rendu, reste une position tenable — à condition que ce soit un choix assumé, et non une compulsion qui ne dit pas son nom.
Un exemple, en séance
Une femme consulte parce qu’elle se sent épuisée d’aider tout le monde autour d’elle — famille, amis, collègues — sans jamais rien demander en retour, et sans que personne ne semble le remarquer. En explorant son histoire, elle réalise qu’elle occupe, dans sa fratrie, la place de celle qui « ne pose jamais de problème », depuis qu’un frère a traversé une maladie grave durant son enfance.
Elle ne cesse pas d’être généreuse après la séance. Mais elle commence à distinguer ce qu’elle donne parce qu’elle en a envie, de ce qu’elle donne encore par réflexe, pour continuer à ne jamais être un problème pour personne. Cette distinction seule change déjà la façon dont elle dit oui — et parfois non.
Quelques propositions pour grandir
- Repérer si le don s’accompagne d’épuisement : une générosité choisie fatigue rarement au point de ressentiment ; une générosité compulsive, si.
- Se demander d’où vient le réflexe : qui, dans la famille, donnait sans compter — et qu’est-ce que cela lui coûtait ?
- Dire une vérité inconfortable une seule fois, sans la répéter en boucle pour se justifier ensuite.
- Accepter de ne pas être remercié comme une information sur l’autre, pas comme un verdict sur la valeur de ce qu’on a fait.
Si ce sujet vous parle, une séance individuelle permet souvent de commencer à démêler ce qui, dans votre générosité ou votre franchise, relève d’un choix — et ce qui relève d’une place ancienne dans votre histoire familiale. Un travail en groupe peut ensuite éclairer plus précisément d’où vient cette place, une fois le premier repérage fait.
Et si on en parlait ?
Ces articles décrivent ce que j’observe en séance. Si quelque chose ici vous parle, une constellation individuelle dure 1h, coûte 80 €, à Saint-Nazaire ou en visio.
Avant de réserver, vous pouvez lire le cadre dans lequel je travaille — ce que je propose, ce que je ne propose pas, et dans quels cas je préfère ne pas travailler avec vous.

